Comment Marx est revu pour fonder l’islamophobie – Religioni e Marxismo

E’ in corso su diversi media e pubblicazioni dells inistra politica e sociale in Europa un dibattito a proposito dei legami del marxismo e le religioini. Proponiamo da parte nostra di aprire un dibattito anche nelle organizzazioni italiane che si richiamano al marxismo su questo tema centrale, troppo spesso tralasciato nel dibattito pubblico, sopratutto italiano. Di seguito l’intervista in francese (presto tradotta in italiano) che ha dato il via al dibattito in altri paesi.
Laicitá’Interview Pierre Tevanian :: Comment Marx est revu pour fonder l’islamophobie « La religion, c’est l’opium du peuple. » Pour beaucoup, la question des liens entre le marxisme et la religion se résume à cette citation de Marx. Pierre Tevanian, professeur de philosophie et animateur du site Les mots sont importants (www.lmsi.net), nuance. Dans son ouvrage La haine de la religion, il bat en brèche les idées reçues sur les liens entre marxisme et religion. Sa source ? Marx himself.
Pierre Tevanian. Le questionnement que j’ai eu était très fort lié au contexte social et politique français, notamment, où le racisme s’est beaucoup reformulé ces dernières décennies sous la forme islamophobe. Par ailleurs, ce racisme islamophobe s’est déployé dans des espaces spécifiques de la gauche sous la forme de la « religiophobie ». Depuis un certain temps, on avait dans ces milieux de gauche des discours méfiants ou hostiles menant à l’exclusion de personnes au motif qu’elles affichaient une religion, en l’occurrence essentiellement musulmane.

Cette religiophobie s’est exprimée en France très particulièrement à l’occasion de l’affaire Ilham Moussaid, une militante et candidate aux élections du parti d’extrême gauche français NPA qui portait le voile. (Celle-ci a été confrontée, ainsi que son parti, à des attaques la mettant en cause en raison de son voile, NdlR). C’est une affaire qui est venue de l’extérieur, de la presse, de la droite, mais aussi d’une certaine gauche, mais qui a trouvé un écho à l’intérieur de son parti, auprès de ses camarades. Il y a eu des appels à « relire Marx », on les accusait de pervertir leur idéologie.

J’ai décidé de prendre au mot ces gens qui invitaient à relire Marx pour critiquer la religion

Ainsi, à la fois à partir de cette affaire, mais aussi à partir du quotidien des milieux militants, j’ai assisté à ce regain anti-religieux. Et ce discours s’est notamment illustré avec une redécouverte de Marx, qui, dans les faits, servait surtout à exclure des musulmans. J’ai donc décidé de prendre au mot ces gens qui invitaient à relire Marx dans le cadre de cette affaire du NPA et de la religion en général.

Marx a tout de même écrit sa fameuse phrase sur « l’opium du peuple »…

Pierre Tevanian. C’est vrai, mais il faut bien relire le texte. Quand on le lit, il est clair qu’il n’est pas directement antireligieux, bien que son analyse parte d’un point de vue non religieux, matérialiste, et qu’il propose une analyse critique de la religion. Marx critique la religion, c’est vrai, mais comme un passage obligé, parce que la critique de la religion est le grand sujet de l’époque pour la gauche qu’on appelle « hégélienne », que Marx qualifiera d’idéaliste.
Si on lit bien le texte, il nous explique que le point de vue critique sur la religion débouche en toute logique sur une critique de la société. D’ailleurs, il est important de revenir sur la formule « l’opium du peuple ». L’opium signifie l’antidouleur, c’est une métaphore très fréquente à l’époque pour parler de la religion, que Marx n’a pas du tout inventée. La métaphore dit donc que c’est un antidouleur, une consolation face à un monde qui rend malheureux.

Marx explique que le point de vue critique sur la religion débouche nécessairement sur une critique de la société

Par conséquent, dit Marx, si l’on souhaite l’abolition de la religion – qu’il considère effectivement comme étant une illusion –, il faut remplacer cette consolation par un bonheur réel. C’est ainsi que la critique de la religion débouche nécessairement sur une critique de la société. Il estime que la question de la religion n’est pas le débat principal, ce n’est pas la question sur laquelle il faut mener un combat idéologique ou politique.

Si on s’en tient à Marx, ces marxistes qui se braquent sur des éléments d’expressions religieuses se trompent donc ?

Pierre Tevanian. En effet. Pour comprendre, il faut revenir à une base théorique, le point de départ matérialiste de la pensée. Qu’est-ce que le matérialisme ? C’est avant tout une méthodologie dans l’appréhension du monde et de la réalité. Pour paraphraser Marx, ce n’est pas la conscience qui détermine la réalité, mais bien la réalité qui détermine la conscience. Cela implique notamment que ce que les gens font importe plus que ce qu’ils ont en tête quand ils le font.
Concrètement, ça veut dire aussi qu’un point de vue idéaliste va nous expliquer que croire en Dieu implique d’office de renoncer à une compréhension scientifique et rationnelle du monde, d’adopter une posture de soumission a l’autorité, d’être fataliste face aux questions sociales, de refuser l’égalité hommes-femmes, etc. Or le point de vue matérialiste va observer ce qu’il y a dans la réalité. Et on aura beau me démontrer théoriquement que quelqu’un qui est très croyant, qui va a la messe le dimanche et organise une grève le lundi, c’est impossible, la réalité contredit ça.
Ça fait partie des constats de bon sens mais il est bon de rappeler qu’une même référence théorique et idéologique catholique, protestante, musulmane, juive ou athée, trouve dans la pratique des déclinaisons très variées. La preuve c’est que, par exemple, quand on opprime au nom de l’islam, les plus héroïques résistants et les plus grands martyrs sont musulmans.

Dans le livre, vous évoquez Lénine comme exemple de mise en pratique de cette analyse. Pouvez-vous expliquer ?

Pierre Tevanian. Lénine a été confronté à ces questions très concrètes de stratégie et d’organisation de lutte, d’alliances, etc. Et son point de départ a justement été ce pragmatisme matérialiste. Concrètement, la question lui est à un moment posée de la possibilité pour un membre du clergé chrétien non seulement d’adhérer au parti, mais en plus de le représenter en vue des élections. Lénine estime que la réponse n’est pas absolue, qu’il faut d’abord se poser d’autres questions : « Est-ce que cette personne défend le programme et la ligne du parti ? » Si oui, il peut représenter le parti, si non, il ne peut pas. C’est-à-dire que si cette personne religieuse défend les positions et les mots d’ordres du parti, alors elle est aussi légitime qu’une autre pour le représenter.

Si une personne religieuse défend les positions et les mots d’ordres du parti, alors elle est aussi légitime qu’une autre pour le représenter

Lénine résout donc la question de manière très simple en disant que ce n’est pas un problème, que seul le comportement, les attitudes, discours et positions réelles comptent. On attend de voir ce que les gens défendent concrètement pour juger, et c’est la seule manière de savoir si quelqu’un est à même d’être un bon représentant et militant du parti.

La question religieuse, comme vous l’avez dit, se cristallise souvent autour de la laïcité et du voile. Pourquoi cela fait-il tant débat ?

Pierre Tevanian. Je pense que c’est l’expression d’une panique morale au sein du groupe dominant, à savoir la bourgeoisie blanche européenne. Elle est prise d’une panique identitaire face à l’émergence dans certains espaces de la société — l’école, l’université, les emplois qualifiés, le monde associatif et politique… — qui étaient des espaces presque sacrés, de populations qui étaient censées en être écartées.
Or auparavant, ces populations — en gros, issues de l’immigration extra-européenne, donc les Noirs, les Arabes, les musulmans… — étaient écartées de ces espaces réservés sans qu’il soit nécessaire de passer par une interdiction explicite. En effet, la reproduction sociale, la division de la société en classes, une stratification raciale, le poids de l’idéologie assimilationniste, faisaient que des femmes avec un foulard n’accédaient pas ou presque pas à ces espaces. L’accès de ces populations aux espaces privilégiés de l’élite, vécu comme une profanation, a amené à une redécouverte et une révolution conservatrice dans la laïcité et dans le féminisme, mais aussi dans l’étude des textes de Marx sur la religion. Conservatrice car, à chaque fois, on a fait dire à Marx, à la laïcité et au féminisme à peu près le contraire de ce qu’ils avaient dit pendant des décennies. Par exemple, c’est au nom du féminisme qu’on bloque l’accès à l’école de certaines filles en raison de leur foulard.

C’est au nom du féminisme qu’on bloque l’accès à l’école de certaines filles en raison de leur foulard

Ces concepts ont été instrumentalisés et détournés de manière opportuniste au profit d’une légitimation de l’islamophobie et du racisme. La meilleure manière d’analyser le retour de ces concepts, c’est avec les instruments d’analyse du racisme. Ces campagnes anti-voile, avec le besoin de les déguiser et de les maquiller en des termes audibles par rapport a l’idéologie officielle de nos démocraties — la laïcité, le féminisme — sont quelque chose qui relèvent en fait du racisme, d’un climat d’islamophobie instauré depuis des années.

N’avez-vous pas peur que votre livre soit mal pris par des militants de gauche, quand vous avancez qu’il s’agit de racisme ?

Pierre Tevanian. Le but de mon livre était de prendre au sérieux les arguments de ceux qui, à gauche, sont sensibles à cette mobilisation de la référence marxiste. Selon moi, cela les rend, consciemment ou pas, complices d’une stigmatisation des femmes voilées et des musulmans en général.
Je me suis attaqué aux arguments qui sont avancés et censés se baser sur Marx. Or j’arrive à la conclusion qu’aucun des arguments ne tient réellement si on regarde le problème de la compatibilité entre un projet politique de gauche, émancipateur, et des gens religieux. Je pense qu’il peut y avoir bien sûr des contradictions, mais pas une incompatibilité.
Ce débat sur la religion peut parfois diviser la gauche, mais je pense que ne pas revenir sur ce débat, c’est laisser la victoire a ceux qui divisent les gens entre ceux qui ont le droit d’être là et ceux qui sont stigmatisés et exclus.
On assiste malheureusement à la libération d’une parole et d’une violence racistes, réactivées depuis deux décennies par les classes dirigeantes. Il faut constamment lutter contre des discours tenus par les élites sociales, politiques, économiques, qui stigmatisent, diabolisent, attisent les peurs…Cependant, heureusement, et dans le champ militant et dans le corps social, il y a des résistances. Il y a des musulmans et non musulmans qui essaient d’agir ensemble politiquement, et qui socialement continuent de vivre ensemble, d’être amis, voisins…
Par ailleurs, les attaques islamophobes, mais aussi celles contre les classes populaires en général, contre les acquis sociaux, etc. sont tellement nombreuses et fréquentes qu’il y a urgence. Urgence pour qu’il y ait de l’unité et qu’un front le plus large possible se constitue pour défendre des libertés et des droits, notamment sociaux. Je pense au système des retraites ou à la sécurité sociale, par exemple.

Heureusement, et dans le champ militant et dans le corps social, il y a des résistances à la division et au racisme

À la fin du livre, je cite un poème d’Aragon (La Rose et le Réséda, NdlR), écrit sous l’occupation nazie, et qui appelle notamment à l’alliance entre les personnes religieuses et celles qui ne le sont pas pour lutter contre l’occupation. « Celui qui croyait au ciel / Celui qui n’y croyait pas / Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui fait le délicat / Fou qui songe à ses querelles / Au cœur du commun combat ». Ce qu’il veut dire c’est qu’il y a des situations où le niveau de péril est tel qu’il est fou d’accorder une importance à ce qui nous sépare, particulièrement si ce qui nous sépare est la croyance ou non dans le fait religieux. Et il me semble que la situation actuelle, même si ce n’est pas l’occupation nazie, est grave, et que les blés sont sous la grêle.

Pierre Tevanian, La Haine de la religion. Comment l’athéisme est devenu l’opium du peuple de gauche, 2013, La Découverte, 10 €.

 

Féminisme, laïcité… des arguments contre le voile ?
Lorsqu’on s’attaque au voile, que ce soit dans les écoles, les administrations publiques ou en général, deux arguments-massues sont généralement invoqués : laïcité et féminisme. Dans son livre Dévoilements, Pierre Tevanian met en question le bienfondé de ce raisonnement.
Laïcité. Le port du voile serait problématique parce qu’il constitue un symbole religieux ostensible, ce qui serait incompatible avec un État laïc. Or, pointe Tevanian, la laïcité peut être définie de deux manières différentes. Une première interprétation vise à garantir la liberté aux personnes. L’espace public doit être laïc, neutre, « justement pour que le public puisse ne pas l’être ». La laïcité est ici une notion qui vise à garantir la liberté et l’égalité : puisque l’État est laïc et neutre, chacun peut exprimer ses croyances sans qu’il n’y ait de traitement discriminatoire. Cependant, une autre conception de la laïcité, celle qui vise à interdire le voile, notamment, exige que les personnes soient neutres, et non pas l’espace public. Cette dernière conception, estime Tevanian, est liberticide et discriminatoire, puisque le public finalement visé est essentiellement musulman.
Féminisme. Selon certains, le port du voile n’est que l’expression d’une soumission de la femme, d’une atteinte à leur liberté et leur dignité. C’est pourquoi il devrait être interdit. Dans Dévoilements, Pierre Tevanian relève 30 paradoxes dans la rhétorique « féministe » anti-voile. Parmi ceux-ci, le fait que, si les femmes voilées sont victimes, elles sont alors doublement pénalisées lorsqu’elles se voient interdire certains espaces. Ainsi, personne ne songerait à pénaliser des femmes victimes de violences conjugales ou de viol, ce qui montre que le problème posé par le voile n’est pas réellement celui du caractère de « victimes » de ces femmes. Par ailleurs, les lois interdisant le voile reviennent finalement à limiter l’accès à certains espaces à une série de femmes – l’école, l’emploi…-, ce qui est à l’opposé des revendications historiques du féminisme. Enfin, un élément central de ce débat est l’absence quasi-systématique de femmes voilées dans les débats les concernant. Afin de briser ce silence imposé, Pierre Tevanian a participé à l’écriture d’un livre de témoignages, Les filles voilées parlent. Religion, engagement politique, société… de nombreux sujets y sont évoqués, et l’ouvrage bat en brèche bon nombre d’idées reçues.

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2 Responses to Comment Marx est revu pour fonder l’islamophobie – Religioni e Marxismo

  1. Unita' says:

    Agggiungo questo contributo riguardo ad una ragazza mussulmana che venne candidata dalla lista dell’Unione Rosso-Verde (comunisti + ecologisti). http://en.wikipedia.org/wiki/Asmaa_Abdol-Hamid

  2. admin says:

    Riceviamo e pubblichiamo
    da Andea
    La stessa intervista che hai inviato è stata pubblicata da Solidaire, il settimanale del PTB, qualche settimana fa: http://www.ptb.be/weekblad/artikel/marxisme-et-religion-une-redecouverte-revisionniste-de-marx-au-service-de-lislamophobie.html

    Il punto di vista espresso tralascia secondo me molti elementi che dovrebbero essere fondamentali in ogni analisi marxista e date, queste premesse, le conclusioni sono a mio modo di vedere inevitabilmente pericolose.

    La questione religiosa è una questione cruciale, sia per l’indidivuo che per la collettività. Quando l’autore afferma che non è nel marxismo la questione principale siamo d’accordo ma quando arriva ad affermare, come fa in modo incredibilmente esplicito, che la questione non è rilevante e che attiene alla sfera privata fa una affermazione che è pericolosa, anche nel breve termine.
    Ancora più pericolosa perchè l’autore (chissà perchè?) vuole convincerci – con una semplificazione che mi lascia perplesso – che la questione religiosa si misura oggi solo con l’Islam. Un marxista non dovrebbe mai cadere in questo errore: la questione religiosa comprende tutte le religioni, nella maniera nelle quali si sviluppano nella società e nella maniera nella quale si sono “storicamente determinate”.

    Un’altra confusione è il mix che fa tra il ruolo della religione nella società e nel partito. E’ chiaro che sono due cose completamente diverse che non possono essere scambiate l’una con l’altra a piacimento: parla prima della candidata nella lista francese e poi salta a parlare della società come niente fosse. E’ chiaro che si tratta di due ambiti diversi che non debbono essere confusi.

    Sull”‘oppio dei popoli” poi quello che scrive è talmente parziale che mi fa dubitare della buona fede. L’oppio è certamente un antidolore e l’autore spiega bene che cosa intende Marx in questo senso. Ma Marx non si ferma certo là: l’oppio è inteso anche (e soprattutto) come una droga che non ti permette di pensare, di utilizzare la tua intelligenza, che ti mantiene in uno stato dove sei facilmente sottomesso alla volontà di qualcun’altro. E’ certamente anzitutto in questo senso che Marx intendeva la sovrastruttura religione quando la qualificava come oppio: uno strumento nelle mani del potere per imprigionare i cervelli della gente. Questo secondo aspetto è totalmente ignorato da Tevanian.

    Se un partito comunista si basa sull’analisi proposta rinuncia parzialmente al proprio obiettivo di “liberare i cervelli della gente” e le derive già si vedono da tempo. Basta pensare al nostro di partito senza guardare gli altri.
    Questo non significa che, tatticamente, non si possa applaudire al papa quando se ne esce con delle dichiarazioni che vanno nel nostro senso, ma senza mai diluire la propria identità ideologica.
    Fondamentale però è capire che tipo di partito si vuole costruire: se un partito “di programma” (un partito che mi serve da andare da un punto A ad un punto B) oppure un partito ideologico. Da questo punto di vista ci vuole molta chiarezza con noi stessi: non si può far finta di volere un partito ideologico e poi, quotidianamente, fare le concessioni più impensabili.

    Sulla laicità. Uno stato o è laico o non lo è. Il fatto che la destra francese sfrutti il concetto di laicità in funzione antislamica non significa che si debbano abbassare gli standard della laicità. Pensiamo solo per un attimo all’Italia: i veri difensori della laicità sono sempre stati solo i comunisti. Punto.

    Sul femminismo poi l’autore fa un’altra semplificazione, dimenticando che la lotta per l’emancipazione femminile è anzitutto un’altra conquista del movimento operaio internazionele. La religione infatti (poco importa se si tratta di cattolicesimo o di Islam) opprime le donne.

    La conclusione dell’autore, anche qui abbastanza esplicita, che chi non la pensa come lui è un islamofobo e un razzista… beh vale più di mille parole.

    Giustamente si dice che il marxismo è una scienza, no? Beh allora non è che posso pigliare del marxismo solo i “pezzi che mi piacciono”… non è che posso dire sono un biologo però l’evoluzionismo non lo insegno perchè potrebbe urtare le “sensibilità” di qualcuno…Insomma non posso ignorare quello che Marx dice sulla religione, anche perchè il marxismo non funziona a compartimenti stagni, e se faccio finta che non esista una questione religiosa il resto del castello non rimane mica in piedi.

    Concludo copiandovi qui sotto un commento che è apparso sul sito del ptb e che è stato pubblicato nelle lettere di Solidaire. Il rammarico, e lo dico da iscritto al PTB, è che questo commento avrebbe dovuto apparire come articolo e l’intervista come “lettera”.
    Da un punto di vista teorico non ho nulla da aggiungere a quanto segue, che condivido al 100%.

    Saluti comunisti e orgogliosamente antireligiosi.
    Andrea

    Pierre Tevanian a tout à fait raison de s’élever contre ceux qui, au nom d’une conception petite-bourgeoise de la laïcité, tombent dans l’islamophobie, cette stratégie moderne de division de la classe ouvrières.

    En revanche ce qu’il dit et écrit sur la relation entre marxisme et religion est unilatéral et inadmissible. A lire l’interview de Tevanian on a l’impression que la religion serait, aux yeux du marxiste, une question qui relève exclusivement du choix personnel. Or, si Marx, Engels et Lénine ont mis en garde contre une interprétation intellectualiste de l’athéisme, ils se sont tout aussi clairement positionnés contre la religion.

    Lénine : «Par rapport au parti du prolétariat socialiste, la religion n’est pas une affaire privée. Notre Parti est une association de militants conscients d’avant-garde, combattant pour l’émancipation de la classe ouvrière. cette association ne peut pas et ne doit pas rester indifférente à l’inconscience, à l’ignorance ou à l’obscurantisme revêtant la forme de croyances religieuses (..) Nous réclamons la séparation complète de l’Église et de l’État afin de combattre le brouillard de la religion (…) Le Parti ouvrier social-démocrate de Russie, lors de sa fondation, s’est donné pour but, entre autres, de combattre tout abêtissement religieux des ouvriers. Pour nous, la lutte des idées n’est pas une affaire privée ; elle intéresse tout le Parti, tout le prolétariat» (Lénine, Socialisme et religion, 1905)

    Cela ne veut évidemment pas dire que le parti devrait exiger l’athéisme ou le rejet de la religion de la part de ses membres. Ni qu’il devrait faire de la lutte contre les croyances religieuses une priorité. Mais «est‑ce à dire que le livre de vulgarisation contre la religion soit nuisible ou inutile ?» demande Lénine. «Non. La conclusion qui s’impose est tout autre. C’est que la propagande athée de la social-démocratie doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs».

    De même, l’interprétation doucereuse que fait Tevanian de la phrase de Marx sur l’opium du peuple est pour le moins en contradiction avec la lecture très claire qu’en fait Lénine : «Cette sentence de Marx constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière» (Lénine, De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion, 13 mai 1909)

    Notre attitude vis-à-vis de l’islam doit être dictée par cette conception. Lorsque des personnes encore influencées par les conceptions religieuses rétrogrades s’engagent dans le combat contre l’exploitation et l’impérialisme, il faut être ouvert. Il ne faut pas faire de la lutte anti-religion un objectif prioritaire. Le PTB ne doit par exemple pas s’engager maintenant dans un combat contre le port du voile ou contre les curés, etc. Mais il ne faut pas non plus tomber dans le travers contraire et se mettre, par exemple, à réclamer des écoles musulmanes ou la liberté pour les profs d’afficher leur religion.

    Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Respect par l’Etat de toutes les croyances et de tous les rites. Subordination de la lutte contre l’obscurantisme religieux à la lutte de classe. Voilà les principes qui doivent nous guider.

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