Accade in Belgio Un souffle nouveau à gauche

focus_1mei_01Continua il dibattito a Sinistra in Belgio. Questo contributo e’ stato pubblicato su www.ptb.be

La Fête du Travail fut animée cette année, une fois encore. Des meetings et rassemblements ont eut lieu un peu partout dans le pays. Le moment de penser à une alternative de gauche au capitalisme.

Axel Bernard

Le 1er mai 2013 a d’abord été un beau pied de nez au MR, qui utilise le 1er mai pour avancer ses idées de droite, et plus particulièrement à son sénateur Alain Destexhe. La veille, celui-ci présentait à la presse un nouveau bouquin, Syndicats : Enquête sur le plus puissant lobby du pays, qui est une attaque en règle contre le mouvement syndical. Jean-François Tamellini, secrétaire fédéral de la FGTB, leur a répondu : « Le 1er Mai appartient aux travailleurs. » avant de rappeler qu’avec cette journée, « nous nous souvenons des avancées sociales que nos prédécesseurs ont obtenues grâce à leurs combats. Du suffrage universel à la journée des huit heures, des congés payés aux allocations familiales, du congé de maternité au revenu minimum garanti, de la sécurité sociale au droit de grève, autant de victoires conquises par les travailleurs dans des combats mémorables qui ont marqué l’histoire sociale de ce pays ».

Et le PS dans tout ça ?

Les manifestations du 1er mai 2013 ont aussi été l’occasion de faire le point sur l’alternative politique à avancer face à cette droite arrogante. Avec une question sous-jacente : quelle réponse à l’implication du parti socialiste dans toutes les politiques antisociales et d’austérité prises ces dernières années : dégressivité des allocations de chômage, réformes des fins de carrière, économies dans les services publics, etc. ? A Liège, Marc Goblet, président de la FGTB Liège-Huy-Waremme a lancé : « La gauche n’a pas besoin de division. Mais il faut aussi que le PS cesse de vouloir expliquer l’inexplicable. » A Charleroi, Daniel Piron, le secrétaire régional FGTB, a retracé en détails le décalage entre le discours du PS et ses actes. Il conclut : « Le parti socialiste dit qu’avec lui, c’est mieux. Cela l’est pour les riches, certainement, mais pas pour les travailleurs. » Même son de cloche du côté du Borinage, Jean-François Tamellini tonne : « Et le PS dans tout çà ? Le PS fait mine de se réveiller aujourd’hui. Il dit qu’il va s’attaquer aux paradis fiscaux, qu’il va taxer les transactions financières, qu’il va relancer l’industrie… Mais il a attendu quoi pour le faire ? ». Le Secrétaire fédéral de la FGTB prévient : « Qu’on arrête de taper sur les chômeurs, qu’on aille réellement chercher les moyens dans les poches du capital, qu’on renforce les services publics plutôt que de taper dessus, qu’on interdise les licenciements boursiers, que le PS s’oppose au traité budgétaire européen qui nous mettra la corde au cou et justifiera toutes les régressions sociales… »

Les lignes bougent à gauche

C’est une autre conclusion de ce Premier Mai : le PS sent le vent souffler sur sa gauche. Michel Henrion, ancien porte-parole du Parti socialiste, analyse d’ailleurs la communication actuelle du PS comme l’aveu de son « désarroi face à trois choses : la montée du PTB, un peu d’Ecolo aussi, et puis les dissidences de la FGTB qui se détournent de lui, notamment à Charleroi, la ville de Paul Magnette ». Dans son discours prononcé Place Saint-Paul à Liège, Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB, est revenu sur le congrès « gauchificateur du PS » tenu le 20 avril 2013 : « Une semaine à peine après, presqu’en réponse à ce congrès, une régionale entière de la FGTB à Charleroi ainsi qu’une régionale de la CNE, le syndicat des employés de la CSC, ont fait un appel pour un autre relais politique qu’Ecolo et le PS pour relayer leurs revendications. C’est le signe d’une lame de fond – que l’on observe en Europe – qui exprime le besoin d’une autre gauche que la gauche austéritaire. » Le porte-parole du PTB est revenu sur les propos tenus dans la presse par Jean-Claude Marcourt, ministre PS à la Région wallonne : « Le PTB, c’est l’espoir des désespérés, mais ce n’est pas un espoir raisonnable. » Il lui a répondu : « Ouvre tes oreilles, Jean-Claude, s’il n’y avait pas eu dans l’histoire du mouvement ouvrier l’espoir des désespérés, il n’y aurait pas eu la journée des huit heures, ni les congés payés et les enfants ne seraient pas sortis des mines. S’il n’y avait pas eu cet espoir des désespérés, il n’y aurait tout simplement pas de mouvement social. »

Alternative réellement de gauche

Pour Raoul Hedebouw, il faut continuer à renforcer le rapport de force nécessaire pour contrecarrer la régression sociale imposée par le gouvernement Di Rupo I : « La percée du PTB, avec ses 52 élus communaux et provinciaux à travers le pays, a été un signal fort qu’une partie non négligeable du monde du travail cherche une alternative réellement de gauche au capitalisme. Dans ce contexte, le PTB continuera à prendre ses responsabilités. » Au lendemain de Fête du travail, la plupart des observateurs politiques ont relevé la montée du PTB comme un fait marquant de ce 1er Mai. Pas seulement dans les discours, mais aussi dans le soutien manifeste que les nombreux participants aux festivités ont apporté au PTB. Comme l’indique le journaliste du groupe Sudpresse présent à Liège, « ils furent nombreux les ouvriers d’ArcelorMittal à écouter Raoul Hedebouw, plutôt que les ténors classiques du PS au parc D’Avroy. “Les discours des Demeyer, Marcourt et compagnie sonnent creux, on n’y croit plus”, résumait ainsi un employé de Cockerill en voie de licenciement. Ici au PTB, on sent un souffle nouveau et ils proposent des solutions pour sortir de la crise. Du coup on a compté quelque 300 personnes pour le meeting du PTB pour à peine 200 de plus au PS (…) »

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